sarah boreo et l'ecriture


Pour Sarah BOREO, l'expression est plurielle. Danse - musique - mots, prose ou poésie - théâtre, cinéma chanson. Peu importe, seule l'émotion raconte. Un livre - aux éditions le Méridien Editeur - L'enfant Réverbère.  


L'enfant Réverbère - SARAH BOREO
L'enfant Réverbère - SARAH BOREO

L'ENFANT REVEBERE - SARAH BOREO

 

"Comédienne, chanteuse, vibrante de chaleur et de passion, Sarah BOREO garde de sa méditerranée natale le goût de la poésie généreuse. Ses textes sont comme des fleuves qui, minuscules et calmes au départ, grossissent, s'enflent, bondissent hors de leurs lits, emportant tout sur leur passage. Elle était pudique, elle devient lyrique. Sûre d'elle ? Probablement pas. Pur, limpide, étincelant, le cristal auquel elle veut s'apparenter est aussi fragile. Un petit choc et il se casse. Préférable. Tandis qu'elle a appris à faire face, à encaisser les chocs et à répondre, à se relever sitôt à terre. Elle est fragile et vaillante. L'aventure qu'elle conte ici, plus long poème poignant que récit ou roman ordonné, entraîne le lecteur dans un univers étrange, irréel, à la fois flou et net.  Un univers de rêves, de cauchemars, de fantasmes, qui marque et dont on se souvient."

 

Lucien RIOUX - Homme politique, éditeur, spécialiste de la chanson française.


QUELQUES EXTRAITS


L'enfant Réverbère - Extraits 

"D'un père, que garde-ton ? Une certaine odeur de tabac mêlée à celle de la lavande, le plus souvent... Un timbre de voix, un façon de marcher, et quelques moments très marquants. De toi, mon père, j'ai tout gardé de l'essentiel !" 


Sarah BOREO - Comédienne, Chanteuse, Auteure
Sarah BOREO - Comédienne, Chanteuse, Auteure

"Allons prends ton bâton, mon fils, et marche. Prends la route, prends ton voyage à pleines mains, et marche, toujours de l'avant : les chances te sourient ! Tu n'as qu'à tendre ton coeur vers elles et tu les verras. Prends tes responsabilités entre tes deux paumes afin de te surpasser, de te vaincre. Nous finissons tous notre vie terrestre sur la terre humide et la poussière de l'air nous disperse en étincelles d'autres poussières. Ainsi la vie et la mort ne font qu'un. Mon positif, mon négatif sont Toi, et ce monde carnivore dans lequel l'homme évolue est notre temps d'apprentissage. Notre passage de vie est un temps rigoureux, sélectif, et l'on n'a pas le droit de le négliger. Aie l'oeil partout. Apprends, sois curieux, impatient de connaître... et tu seras riche." "Petit homme de bambou, tu cours parmi les pierres, les roseaux, les rivières de ce monde de fous... Petit homme de bambou, écorche tes genoux aux cailloux des chemins, aux pic de leurs mains... Petit homme de bambou, prends la vie, la lumière pour unique lampadaire."



Sarah BOREO
Sarah BOREO

"Mon père, ma mère, chers vous, quel écrin de lumière vous avez été pour mon enfance. Malgré les averses, malgré les tempêtes, je vous remercie, ô vous encore si présents... et comme je regrette d'avoir été cette oreille si peu à l'écoute du coeur de mon enfance, et d'avoir laissé échapper avec inconscience toutes ces minutes précieuses de l'horloge invisible qui compte, compte, avance, inexorable sans revenir jamais sur ses pas... et lorsqu'elle se sont enfuies, ces richesses, on s'aperçoit trop tard de leur beauté, de leur saveur... trop tard, lorsqu'elles ont coulé comme l'eau entre les doigts, dans le puits de l'insouciance. Ah, ma vie ! ma douce, ma vie d'amande amère, de millepertuis, de lierre, d'érables roux, ma vie d'algues et de coraux, de roches rares, ma vie de moulins blancs et de palais de marbre, mon archet chantant, ma vie, ma petite vie, mon enfant, comme j'ai su mal t'aimer, comme j'ai pu te regarder, finalement !" 



Sarah BOREO
Sarah BOREO

"Les images, les mots affluent...  Non, tu ne danseras pas. J'ai douze ans. Je sors de table, les sanglots m'étouffent. Pourquoi ce refus catégorique, implacable de mon père ? Pourquoi ? Cependant, cet ordre, je ne l'ai jamais discuté, même si je ne le comprenais pas, parce qu'il venait de mon père. Mais dans quel trouble il me jeta ! Un trouble plus profond que je ne saurais l'exprimer par des mots... Je me suis sentie coupable de ressentir le besoin de danser... Et je l'ai traîné longtemps dans ma tête, ce refus, drainé dans mes veines comme une boue, comme une injure, une blessure vivace, toujours présente... elle ne m'a jamais quittée vraiment. Mon père gâteau, mon père soleil donnait des ordres, toujours respectés, toujours acceptés. Une telle force tranquille émanait de lui que, sans violence, il tenait son monde sous ses ficelles... Un monarque absolu mais adoré... tel était mon père. "    

 

Sarah BOREO ne dansera pas. Mais elle transformera l'essai, forte et fragile tout à la fois. Elle verra la scène plurielle, une scène chevillée au corps - un visage, une voix, des mots, des émotions. Une présence.